Altis-International: Comité d’entreprise exceptionnel, 400 licenciements annoncés et un projet industriel à boucler
Yazid Sabeg, homme d’affaires, commissaire à l’égalité des chances et à la diversité auprès de François Fillon et futur patron d’Altis, avait promis un Comité d’Entreprise extraordinaire avant début juillet 2010. Il s’est tenu le 27 juin.
D’abord les mauvaises nouvelles. Condition sine qua non du rachat, le licenciement de 400 salariés. Au nom de quels impératifs ? Avec quelles indemnités ? Avec quel plan de reclassement obligatoire ?
Ensuite les nouvelles floues. Qui investit combien dans l’affaire ? Yazid Sabeg affirme mettre 40 millions d’euros sur la table, plus 30 millions d’emprunts sécurisés. Plus vagues, 50 M en provenance du Proche-Orient et du FSI (Fonds Stratégique d’Investissement), sans parler des perpétuels fonds russes que Serge Dassault agite depuis des années comme des poupées-gigognes.
Enfin, une « éclaircie » dans la conception d’un plan industriel. Yazid Sabeg dit vouloir développer mondialement une politique de design et de force de vente, mais surtout réfléchir et agir sur les nouvelles technologies des semi-conducteurs. C’est un marché fluctuant, qui semble repartir en qualité. Pour cela, Singapour ou la Malaisie sont-elles toujours indispensables ? Plus proches, les « clusters », alias pôles de compétitivité ou OIN (Opération d’Intérêt National) dont le Plateau de Saclay voisin, ne manquent pas d’établissements de recherche, d’industrie pointue, dans le privé et dans le public, y compris la Défense Nationale. Avec des dirigeants politico-industriels qui déjeunent avec tout le monde des Champs-Élysées à Silicon Valley, le silicium s’est soudain trouvé de nouveaux « amis ».
Ironie à part, l’énoncé du plan industriel présenté le 27 juin rejoint souvent l’analyse de la CGT et le label «France industrielle » que Yazid Sabeg veut manifestement faire valoir. On est loin des positions d’autres syndicats en 2009, où l’urgence n’était pas le maintien du site et de l’emploi, mais le montant des indemnités de départ.
« Nous n’avons pas changé de point de vue », dit Hervé Leblanc, secrétaire général adjoint de l’UD CGT 91, « et nous lutterons sur tous les sujets. Nous savons que dans cette entreprise, les conditions de travail très pénibles et un management qui a joué sur les nerfs des salariés pour les faire partir, ont amené nombre d’entre eux à accepter cette solution. Nous continuerons de défendre l’emploi, mais nous respecterons, comme nous l’avons toujours fait, les choix des personnels, en termes d’action et de négociation, par exemple sur la pénibilités des équipes de 2 x 12 heures ou les indemnités de départ, qui avaient débouché sur une impasse. D’autre part, nous voulons que le rôle de la direction et celui des syndicats prennent un nouveau départ. Le Comité d’Entreprise ne soit ni une chambre d’enregistrement. Il faudra qu’il soit pleinement associé et acteur de l’élaboration des orientations stratégiques ».
Marc Roumejon, secrétaire général de l’UD 91, ajoute : « J’ai lu dans la presse locale que nos amis représentant les autres syndicats chez Altis étaient « dubitatifs après tant de projets de rachats suspendus aux péripéties politiques à Corbeil et qu’ils attendent l’avis d’un cabinet d’experts pour se prononcer. Ils ont bien raison. La CGT travaille sur ce dossier avec des experts depuis plus de deux ans. C’est cette analyse prévisionnelle, jointe à un refus systématique de lâcher l’emploi, parce que nous savions que l’affaire était jouable, qui nous a permis de rencontrer nombre de responsables économiques et politiques, avec un dossier solide ».







