De quelle CGT avons-nous besoin ?
Le texte que vous pouvez lire ci-dessous est l’allocution d’Hervé Leblanc, nouveau secrétaire général adjoint, à la fin du 16e Congrès de l’UD CGT 91.

Hervé Leblanc
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« À vous mes camarades, vous les 400 délégués au 16° congrès, vous qui avez, par vos travaux, vos débats, enrichi nos orientations et avez fait une nouvelle fois la démonstration que nous sommes adhérents :
D’une CGT solidaire ; solidaire de toutes les luttes menées par les salariés pour leur dignité, pour le maintien et le développement de leurs droits.
D’une CGT revendicative dont toute la volonté est d’obtenir des conquêtes sociales par le développement du rapport des forces nécessaire, par l’action, mais aussi par la négociation, s’appuyant sur ce rapport de force justement, à partir des propositions répondant aux aspirations des syndiqués et des salariés.
D’une CGT démocratique qui s’enrichit de la diversité des adhérents qui la composent et cherche à avancer par le débat d’idées sincère, vrai, contradictoire parfois mais surtout respectueux des personnes, sans revenir sur ses valeurs.
D’une CGT rassembleuse qui fait de l’unité des salariés une de ses priorités, qui fait du développement des coopérations professionnelles et interprofessionnelles entre ses syndiqués un des axes majeurs de son action, une CGT qui considère, à l’instar de la votation citoyenne pour la poste, l’unité syndicale, le rassemblement des forces syndicales, politiques ou associatives comme un moyens de son action et non une finalité.
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Nous l’avons vu pendant ce congrès, les attentes envers le syndicalisme, et la CGT en particulier, sont fortes dans ce contexte de crise.
Comment pourrait-il en être autrement alors que les salariés payent aujourd’hui la facture de la crise d’un système qui s’attache à détruire tous les fondements de justice, d’égalité et de solidarité de la société.
Ce système porte un nom. Qu’on le qualifie de financier ou de mondialisé, il s’appelle toujours capitalisme. Alors, ce n’est donc pas un hasard si, une nouvelle fois, les valeurs de solidarité ont traversé les débats de notre congrès.
Parce que nous refusons l’individualisme, parce que nous n’acceptons pas l’injustice parce que chaque individu a le droit de vivre décemment, dans la dignité nous combattons le capitalisme et sa cohorte de serviteurs.
Quand, nous en mesurons quotidiennement les effets dévastateurs pour les femmes et les hommes, pour notre planète ; il nous faut rassembler les salariés, nous organiser et mettre en œuvre les actions pour en sortir durablement.
C’est dans ce cadre que nous avons décidé, ensemble, pendant ces 3 jours, des axes de travail de notre union départementale.
Nous avons décidé de poursuivre et amplifier notre déploiement vers les salariés pour construire avec eux, les revendications qui satisferont leurs besoins individuels et collectifs, et ce d’où qu’ils viennent, sans discrimination, qu’ils soient Ingénieurs, Cadres, Techniciens, agents de maîtrise, ouvriers, employés, du secteur public ou privé, qu’ils soient de l’industrie du commerce ou des services et enfin qu’il soient actifs ou retraités, jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes…avec ou sans papiers.
Nombre d’experts économiques ont fait remarquer que le système social français, bien que mis à mal, a permis d’atténuer les effets de la crise en France… au regard des autres pays européens.
Dès lors, nous considérons qu’il y a bien urgence à débattre avec les salariés des propositions pour le conforter et le pérenniser en construisant avec eux les convergences revendicatives nécessaires en matière d’emploi et de salaires, de conditions de travail, de protection sociale, de services publics, d’égalité professionnelles, de droit syndical, d’intervention et d’opposition.
Pour y parvenir, de nombreuses interventions ont posé clairement la question des moyens de notre renforcement en termes de syndicalisation et d’organisation.
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Gagner l’adhésion à la CGT ne se décrète pas . L’objectif de notre développement pour atteindre rapidement les 12000 syndiqués CGT en Essonne (enfin, on n’est pas obligé de s’arrêter à 12000 !), cet objectif donc doit être la propriété de toutes les organisations de la CGT en Essonne.
Cela suppose la prise en compte au quotidien de cette question par l’ensemble des syndiqués CGT, cela suppose plus de coopérations entre nos organisations syndicales dans le champ professionnel et interprofessionnel, de décloisonner certaines de nos structures, pour permettre à l’ensemble des salariés, et notamment les plus jeunes d’entre eux de venir à la CGT et d’y rester.
Parce que nous le savons, pour se défendre, pour agir avec d’autres, il faut être syndiqué…On ne peut pas mener les mêmes batailles de la même façon selon que la CGT est présente ou absente sur un lieu de travail, dans une catégorie, une localité, on n’a pas les mêmes chances de succès selon que l’on est un peu organisés ou très fortement implantés.
Si la syndicalisation à la CGT est donc le premier facteur qui influence la qualité de notre intervention syndicale, nous devons faire des efforts sur la syndicalisation des jeunes et la continuité syndicale des camarades lors de leur départ en retraite.
Le second est la formation des syndiqués. Là encore, l’expérience nous le démontre, on n’est pas efficace de la même façon selon que les syndiqués sont formés ou non pour mener leur activité syndicale, leur mandat ou leur responsabilité.
Ces éléments sont essentiels si nous voulons rajeunir, renouveler et renforcer nos équipes militantes pour relever les nombreux défis qui se dressent devant nous.
Nous en avons ciblé quelques-uns comme les priorités de l’union Départementale CGT de l’Essonne pour les trois années à venir .
Ils concernent tout autant les enjeux revendicatifs que l’ensemble des questions concernant notre vie syndicale notre organisation territoriale interprofessionnelle et professionnelle.
Je ne ferai pas de classement de nos priorités revendicatives, j’en évoquerai juste quelques unes :la défense et l’amélioration de notre système intergénérationnel de retraite par répartition ; la recherche : l’emploi industriel sur tout le département ; le secteur du Commerce et l’implantation de la CGT dans les nombreuses zones d’activité commerciale ; la santé au travail ; les services publics qu’ils soient territoriaux, d’État, de la poste, de l’énergie, de l’éducation nationale, sans oublier évidemment ceux de la santé et l’action sociale.
Nos unions locales sont utiles et nécessaires, nos unions locales sont des lieux où peuvent et doivent se construire les convergences interprofessionnelles et intergénérationnelles, les convergences entre les salariés et les usagers.
La nouvelle Commission exécutive que vous venez d’élire a donc désormais la responsabilité de mettre en musique la partition que nous venons d’écrire ensemble.
Renouvelée de moitié, rajeunie, faisant plus de places aux femmes (puisque pour la première fois elles sont 14 de nos camarades à prendre cette responsabilité), cette Commission exécutive aura donc la tâche d’organiser le travail syndical pour la mise en œuvre de nos orientations ».







