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Union Départementale CGT de l'Essonne

Fac des Métiers d’Évry: les grévistes reçus au Conseil régional le 17 décembre

Une délégation de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO des grévistes de la Faculté des Métiers d’Évry a été reçue par trois groupes d’élus de gauche du Conseil régional d’Ile-de-France le 17 décembre. Le mouvement fait suite aux menaces diverses, en particulier de Gérard Huot, président de la CCI de l’Essonne, de réduire les financements qui permettent à la Faculté des Métiers d’Évry de développer l’apprentissage dans le département. On pourra lire ci-dessous l’intégralité du compte-rendu dressé à l’issue de la réception de l’intersyndicale au Conseil régional.facmetiers_2

LES ENTRETIENS AU CONSEIL RÉGIONAL

“Après la forte mobilisation du 07 décembre 2009, impulsées par les syndicats CFDT, CGT, FO FDME et CCIE, les grévistes réunis en assemblée générale le midi même ont voté la reconduction du mouvement le 17 décembre, devant le conseil régional, le jour d’une assemblée plénière sur le budget, où l’ensemble des élus était présent.

En effet, après l’annonce de la démission de M. Huot et l’absence de négociation autour des problématiques soulevées dans les 4 préavis adressés à la Direction Générale, les grévistes n’ont pas considéré satisfaisante l’issue du mouvement.

Cette démarche a trouvé un écho favorable auprès des élus de la majorité (PS, PCF et Verts). Une délégation composée des délégués syndicaux porteurs des préavis a donc été reçue pour 3 entretiens.

Entretien avec le PCF et notamment Daniel Brunel, vice Président chargé de la Formation (10H45) en présence de Mr Brezot, Mr Cammo et Mr Girard

- La délégation a exposé le contexte, les revendications et les suites données aux mouvements

- Daniel Brunel a exprimé tout son soutien au projet Faculté des Métiers et à la démarche des organisations syndicales. Il confirme que la région est partie prenante et s’attachera à ce que les 3000 apprentis, 350 salariés et 2000 entreprises ne soient pas mis en péril. Il corrobore les éléments que la délégation avance :

o l’augmentation du nombre d’apprentis en Ile de France (2004 : 64000 – 2009 : 88500) et s’interroge sur les raisons de la stagnation voire de la régression des effectifs à la FDME

o le rapport d’audit qui révèle des dysfonctionnements et qui préconise une baisse du coefficient de 0,95 à 0,75

o il confirme qu’il a reçu la lettre de démission de Gérard Huot, datée du 05 décembre (avant la grève). Il nous informe cependant qu’elle n’est pas signée et est dans l’attente d’un courrier conforme

- La délégation informe que les collaborateurs sont inquiets. Monsieur Huot menace, en plus de sa démission, de retirer ses aides, à savoir 1300000 euros et de réduire la répartition de la taxe d’apprentissage.

- Daniel Brunel demande à la délégation de rassurer les personnels. M. Huot a des engagements statutaires. Il ne peut pas de façon unilatérale se désengager. Il informe que ce n’est pas possible juridiquement. Il précise que la région a investi 31.7 millions d’euros dans le projet immobilier (soit près de 80% du coût total) et des millions d’euros dans le fonctionnement, et qu’elle n’a pas l’intention de voir ce projet échouer. Il ajoute que la région a toujours favorisé le dialogue social. Elle œuvrera donc en faveur d’une reprise du dialogue et une prise en compte des problématiques relevées par les organisations syndicales, qui sont d’ailleurs, pour la plupart, connues de leur service, grâce notamment au rapport d’audit.

- La délégation l’alerte sur le climat de peur que certaines organisations syndicales instaurent en prétendant que l’action menée par les syndicats met en péril leur avenir, les encourageant à signer une pétition de soutien de Monsieur Huot et Monsieur Plantier. La délégation précise que leur démission n’a jamais été revendiquée et que le débat n’est pas là. Monsieur Brunel s’engage à envoyer un courrier aux organisations syndicales pour rétablir la confiance. La région est partie prenante et il y a un engagement fort de l’Etat ! Il s’agit de deniers publics et il n’est pas envisageable que ce projet soit mis à mal. Il faut faire attention aux informations divulguées.

En conclusion : Conformément aux attentes de la délégation syndicale (CFDT,CGT, FO FDME et CCIE), la région va jouer son rôle de contrôle sur la répartition des fonds publics et œuvrer pour la reprise d’un dialogue social afin que les problématiques soulevées et non contredites soient résolues. M. Brunel va demander un moratoire dans l’attente d’une table ronde qu’il souhaite rapide (début janvier). Il ajoute qu’il est en général favorable à suivre les préconisations d’un audit et qu’il pencherait pour l’application d’un coefficient à 0,75. Il indique cependant, qu’il peut réviser sa position en fonction du résultat des négociations, appelant ainsi M. Huot à revenir à des positions plus propices au dialogue (avec la Région et les organisations syndicales). Il demande aux organisations syndicales de soumettre un ordre du jour faisant apparaitre les revendications prioritaires permettant la résolution du conflit. Il conclue sur l’urgence de la situation puisqu’il y a une commission permanente le 28 janvier qui fixera le coefficient pour la FDME (validé par le Vice Président, Daniel Brunel). Il s’engage à alerter à ce sujet, M. Huchon, Président de région, à l’issue de la réunion.

La délégation a vivement remercié les 4 protagonistes pour la qualité de leur écoute et leur considération. Ils se sont montrés des partenaires très efficaces il y a 4 ans et leur réitère toute leur confiance.

Entretien avec les Verts et notamment M. Placé, président de groupe (11H45) et Mme Loup

- La délégation a exposé le contexte, les revendications et les suites données aux mouvements

- Même conclusion. Ils soutiennent la démarche de Monsieur Brunel et s’associent à la table ronde. Ils ajoutent qu’il n’est pas acceptable que la Faculté des Métiers soit détentrice d’une réserve (5 millions d’euros) dans une période où le Conseil Régional est restreint dans les budgets. Ils précisent que l’argument qui consiste à dire que cette somme est en prévision des difficultés à venir dans un contexte économique compliqué ne peut pas tenir. En effet, le Conseil Régional intervient en cas de difficultés et augmente ses financements pour compenser les pertes. Les subventions versées doivent contribuer à des actions en faveur du développement de l’apprentissage et non aux réserves de la Faculté des Métiers, association de loi 1901.

Entretien avec le Parti Socialiste et notamment Mme Meyer

- La délégation a exposé le contexte, les revendications et les suites données aux mouvements

- Après avoir entendu les arguments de la délégation notamment sur l’absence de projet pédagogique, de projet de développement, les problèmes de management et de harcèlement, Mme Meyer s’associe à la position commune prise avec le groupe communiste et les verts. Monsieur Pascot a également vivement souhaité y être associé.

- Après la lecture du mail de Monsieur Plantier, elle a reconnu qu’il n’était pas possible de négocier dans ces conditions.

Nos conclusions

- Contrairement à ce qui est annoncé, M. Huot n’a pas officialisé sa démission.

- Contrairement aux propos « si Monsieur Huot part, on perd nos emplois » visant à instaurer un climat de peur, le Conseil Régional dément et rassure.

- La majorité des problématiques soulevées par les organisations syndicales apparait dans le rapport d’audit du Conseil Régional ou a été constaté par leur service.

- Ils ont pris bonne note des problématiques plus internes et moins visibles (non concertation des équipes, management, harcèlement, disparités salariales….).

Nous attendons donc, avec beaucoup d’intérêt, la table ronde, avec l’ensemble des protagonistes. Nous souhaitons qu’elle permette des engagements fermes sur le développement de l’offre de formation, la mise en place d’une véritable pédagogie de l’alternance, un service de Ressources Humaines réorganisé, l’arrêt d’un management autoritaire et du harcèlement, l’équité salariale et la transparence dans la politique pédagogique ».