Fleury-Mérogis: les territoriaux CGT en progrès constant

Jeudi 21 janvier, un car municipal affrêté par le syndicat CGT partira de l’Hôtel de Ville de Fleury-Mérogis à 12 h 30, pour rejoindre le départ de la manifestation parisienne à 14 h 30. C’est le signe d’une activité syndicale réelle, mais elle ne s’arrête pas là .
En peu de temps, ce syndicat est passé de 8 adhérents à plus d’une centaine. Comment expliquer ce résultat remarquable ? Nous reproduisons-ci-dessous l’interview réalisée par “La Voix Syndicale de l’Essonne”, auprès de Philippe Ramos, qui anime les territoriaux CGT.

TERRITORIAUX DE FLEURY-MÉROGIS
Comment développer le syndicat CGT ?
En peu de temps, le syndicat CGT des territoriaux de Fleury-Mérogis est passé de 8 adhérents à plus d’une centaine. Comment arriver à un tel résultat ? On lira ci-dessous une interview de Philippe Ramos, l’animateur du syndicat, réalisée par la Voix Syndicale. Elle montre les possibilités de développement de la Fonction Publique Territoriale dans l’Essonne.
La Voix Syndicale. Quelles méthodes de développement avez-vous utilisées ?
Philippe Ramos. Le bureau renouvelé et agrandi du syndicat CGT communaux de Fleury s’est mis en place progressivement. La nouvelle équipe s’est investie sérieusement. Dès le départ, le bureau s’est fixé des impératifs : aller au contact des collègues régulièrement, les saluer lors de la distribution dans tous les services et éviter de déposer les tracts dans les panières. C’est du contact humain qui est nécessaire. Être près des agents paraît indispensable.
Les membres du bureau sont joignables sur leur portable perso, ce qui permet aux agents de ne pas être dépendants de la date des permanences que nous tenons tous les jeudis après-midi. Notre local n’est pas fixé en Mairie et c’est primordial. Les agents nous rencontrent en toute discrétion. Ils ont confiance en nous. Nous les écoutons et les accompagnons dans la défense de leurs droits et alertons la direction autant de fois que nécessaire. Nous faisons énormément de recherches des textes de lois sur les situations, ce qui nous aide beaucoup.
Nous avons des réunions du bureau pour nous concerter sur les affaires. Nous travaillons bien sur tous en concertation.
Nous essayons de donner des réponses ou de faire des interventions rapidement. Lorsque l on a besoin de plus d’infos, on contacte Farida Amrani du Comité du Val d’Orge ou Florence Langlois, de l’UL de Ste-Geneviève, ou Patrick Topsent, de l’UD. Ils nous répondent très rapidement ce qui nous permet d’agir très rapidement pour les syndiqués.
LVS. Il y a aussi des rencontres officielles avec la municipalité. Comment cela se passe-t-il ?
P.R. Des rendez-vous réguliers avec DRH, DGS ou DGA et également directement avec les chefs de service et Monsieur le Maire.
Nous préparons intensément les CTP et CHS en allant au contact des services concernés pour avoir leur point de vue. D’ailleurs, vu les remarques et modifications que nous avions formulés dès notre premier CTP, celui-ci a duré trois heures ! Les échanges étaient parfois très tendus et nous étions souvent en désaccord, car nous prenions en compte les remarques de nos collègues. Nous avons également fait rajouter des points à l’ordre du jour.
Afin que les collègues nous contactent, nous affichons régulièrement nos coordonnées et la composition du bureau.
Il nous arrive très souvent de rencontrer les agents en dehors des heures de travail. On prend beaucoup sur notre temps personnel.
Et nous pensons que si nous avons beaucoup de syndiqués, c’est que nous nous occupons beaucoup de l’aspect local. Les problèmes, les souffrances des agents, les mauvaises conditions de travail sont des situations intolérables. Les échanges avec notre DRH sont très souvent en opposition, mais nous ne cédons pas, face parfois aux intimidations.
LVS. Le syndicalisme est basé sur des rapports humains. Quelle opinion ont de vous vos collègues ?
P.R. Nous pensons que les agents nous font confiance et savent que nous ne les lâchons pas. De plus, nous sommes une équipe unie de camarades qui avancent ensemble. Nous avons résolu plusieurs situations. Et comme nous tenons à le rappeler : « L’union et la mobilisation de tous, sont les principaux moyens de combattre les inégalités et les injustices ». Le nombre d’adhérents détermine notre force et quand les syndiqués s’en rendent compte, ils en parlent autour d’eux.
Notre priorité est la défense des droits des agents localement. Petit à petit, nos collègues s’investissent dans les mouvements nationaux. Nous remplissons à chaque manifestation sur Paris le bus. Nous nous sommes équipés en T-shirts et matériels qui nous permettent d’être identifiés. Nous soutenons également les revendications de nos collègues comme dernièrement le mouvement du Centre pénitentiaire. Un syndicat doit être visible, proche et au contact.
Nous avons gagné beaucoup de combats, car nos dossiers étaient bien ficelés. En AG, un responsable de service, avec qui nous nous avions bataillé, nous a même complimenté de notre travail, de notre volonté et de notre motivation. Nous sommes là aussi et souvent pour alerter sur le mal-être, le mauvais management ou simplement pour pointer des dysfonctionnements. Ensuite, la direction écoute et entend. Ou parfois ne veut pas entendre ! Nous avons eu beaucoup de cas de souffrances au travail, ou parfois de mauvaises conditions de travail. Et tout ça se répercute sur la vie privée des agents. Notre rôle est d’éviter un drame ce qui a failli avoir lieu sur Fleury !
Les agents se syndiquent souvent pour apporter leur soutien aux collègues. Et comme ils voient le travail accompli par le syndicat, petit à petit le nombre de syndiqués s’est enflammé.
LVS. La direction municipale vient de changer à la suite d’élections municipales anticipées. Cela a-t-il entraîné des modifications dans les rapports entre élus et CGT ? Si oui, lesquelles ?
P.R. Le changement d’équipe municipale n’a pas changé notre fonctionnement. Nous avions une équipe de gauche et conservons une équipe de gauche.
L’équipe vient de se mettre en place et nous n’avons pas assez de recul pour rester objectif. Néanmoins, des revendications ont d’ores et déjà résolues et résolus. D’autres sont à l’étude. Le bureau a été reçu par le nouveau Maire, David Derrouet. Ce premier contact nous a satisfaits, mais bien sûr nous restons attentifs. Nous souhaitons que la nouvelle municipalité travaille en collaboration avec nous. Que nos courriers fassent l’objet de réponses et ne passent pas aux oubliettes… Nous souhaitons des rencontres régulières avec Monsieur le Maire, et surtout nous poursuivons notre travail de terrain. Nos revendications restent les conditions de travail dans la dignité et avec du personnel nécessaire à l’accomplissement des taches confiées. Nous voulons des responsables de services formés au management, ce qui n’est toujours le cas ; et à l’écoute professionnelle.
Nous faisons remonter les difficultés des agents dès que l’on en prend connaissance et nous sommes force de propositions quand cela est possible.
Lors de l’AG du personnel, le Maire s’est engagé à écouter au mieux le syndicat, à travailler avec lui et à le consulter avant toute prise de décision.
Pour nous, la période électorale fut assez pénible du fait que parfois on assimilait nos actions à la politique. Or aucune décision ou action n’a été prise en fonctions de nos appartenances politiques qui nous sont personnelles. D’ailleurs, elles ne sont pas identiques au sein du bureau, mais jamais cela n’a interféré dans notre rôle de syndicaliste.
Un syndicat est présent pour la défense des agents, des droits et des conditions de travail de chacun. C’est à quoi s’attelle le syndicat CGT communaux de Fleury.







