baniere-cgt1

Union Départementale CGT de l'Essonne

France Telecom: même les handicapés…

On connaissait les méthodes de management de France Telecom. On sait maintenant qu’elles n’épargnent même pas les salariés handicapés. En témoigne un récent tract de la Fapt, qui raconte avec précision les techniques utilisées pour se débarrasser d’un salarié dont le handicap déplaît manifestement à sa direction de Viry-Chatillon

France Télécom, la machine infernale ?

Certains d’entre vous, se demandent peut être comment des collègues de France Télécom peuvent être amenés à envisager de mettre fin à leurs jours. L’exemple de ce salarié nous semble parlant.

Il est recruté en tant que travailleur handicapé COTOREP en 2005. Son handicap est lié à une maladie génétique rare évolutive. Victime de deux accidents de travail un reconnu, l’autre non, à la suite de congé ordinaire de maladie, l’handicap de ce salarié s’aggrave. Il va devoir subir quatre entretiens de licenciement. L’histoire débute en mars 2009. Il « passe » les deux visites médicales de reprise et est déclaré inapte à son poste, mais apte à un autre poste, avec une préconisation de travail à domicile. Le salarié « refuse » l’étude de télétravail à son domicile avec pour la seule raison que son domicile n’est pas adapté : pas de pièce réservée, mari travaillant de nuit, enfants circulant dans l’appartement…

GROSSE SURPRISE : mai 2009, il est convoqué à un entretien préalable de licenciement. Motif : refus de l’étude de télétravail. Sur le conseil de la CGT, lors de cet entretien, il accepte cette étude. La procédure de licenciement est suspendue. Le 5 juin 2009 l’étude est menée par le préventeur et le médecin du travail qui conclut : « le domicile du salarié ne permet pas que soit réservée au télétravail une pièce dédiée. Les surfaces disponibles ne sont que des zones de passage. » …L’été se passe sans nouvelles propositions.

GROSSE SURPRISE : début septembre 2009, il est convoqué à un deuxième entretien préalable de licenciement. Motif : incapacité à tous postes dans l’entreprise prononcée par le médecin du travail le 7 Avril 2009 ! Nous faisons remarquer que cet avis médical ne correspond à aucune visite médicale du salarié, qu’il est contradictoire avec les avis de ce même médecin rendus en mars 2009 lors des visites médicales de reprise du salarié. Que cela nous apparaît d’autant plus « étrange » que les médecins conseils de la CPAM l’ont déclaré apte au travail, que son état de santé était consolidé et ce le 6 AVRIL 2009 ! Nous fournissons le document, mais, fidèle a son sens du dialogue social, l’entretien prend fin et la procédure de licenciement est maintenue. Nous sommes dans l’obligation de saisir l’inspection du travail pour suspendre le licenciement. Celle-ci rend un arrêt administratif exécutoire. Notant que la décision du médecin du travail a été prise en dehors de toute visite médicale du salarié, qu’il est contradictoire avec les avis émis lors des visites de reprise, et après expertise médicale déclare le salarié apte, qu’une procédure de reclassement doit être mise en œuvre, avec mise à disposition d’un transport adapté, et sur un poste comportant un stress le plus minime possible. Pendant les deux mois de cette procédure, le salarié est mis sous « pression ». Appels téléphoniques, mails à son domicile etc. La CGT a assisté à une conversation téléphonique avec l’assistante sociale qui tentait de convaincre qu’il y avait bien eu une visite médicale le 7 avril 2009 et devant l’argumentation du salarié : où est la convocation, les écrits etc lui conseille de consulter un psychiatre. Nous rappelons cette personne officiellement, au nom de la CGT Départementale, elle nous raccroche au nez en moins de deux minutes !

Revenons à l’arrêt administratif de l’inspection du travail qui est exécutoire sous le mois. Un mois se passe, aucune nouvelle de l’entreprise. Le salarié ne sait plus s’il va être payé, s’inquiète de son avenir. Sa banque lui demande des garanties de son emploi ! Sa santé et son moral se dégrade, à un point où ses médecins mous mettent en alerte… Enfin une série de propositions sont faites. Quatre, pour être exact. Quatre et quatre aberrantes. Deux sur Paris : quatre heures de transport pour un salarié qui n’a pas le droit de travailler à plus de 60%… Deux postes de commerciaux sur centre d’appels…. Refus du salarié et reprise de la procédure de licenciement. Tentative désespérée de licenciement, tellement dérisoire qu’elle aurait pu prêter à sourire, si elle ne menaçait pas gravement l’intégrité mentale et physique du salarié. Dérisoire à un point que ce troisième entretien préalable de licenciement début janvier 2010 ne mentionne aucun motif de licenciement, aucun grief fait au salarié, que l’employeur n’est même pas venu à sa propre convocation, mais à dessein. Désespérée car convocation pour un quatrième entretien préalable de licenciement fin janvier 2010, toujours sans motif, tellement désespéré qu’on nous laisse à la porte. L’heure de la convocation est passée depuis cinq minutes, tous les téléphones sur messageries. Et oui si on avait pu faire croire que nous nous étions pas rendus à cette entretien, l’entretien aurait été réputé avoir eu lieu. Mais non, nous nous sommes faits ouvrir la porte blindée par un salarié, et le croirez vous, nos champions du licenciement étaient là. Entretien ubuesque, on ne sait pas encore mais « on envisage le licenciement, on se dirige vers le licenciement ». Pour le motif on verra plus tard sans doute. Entretien bref, ou l’on comprend que l’on est là pour nous écouter, alors on parle : « si licenciement, en un prud’homme, en deux saisine du procureur de la république conjointement avec l’inspection du travail, en trois saisie de l’ordre des médecins, en quatre saisie de la HALDE, en cinq évidemment la CGT se porte partie civile et que nos avocats représenteront également le salarié. Que dans tous les cas nous saisissons le CHS de l’unité pour mise en danger de l’intégrité physique et mentale du salarié et qu’une demande d’audience sera faite au niveau de la DT territoriale. Que toutes ses actions seront menées conjointement et simultanément.

La fin de cette histoire ?

Après la lettre recommandée des membres CGT du comité hygiène et sécurité au directeur de l’unité, et l’audience à la direction territoriale, une solution négociée semble être trouvée : le salarié sera réintégré sur son site à Viry, les formations nécessaires lui seront données, un véhicule adapté pour son transport sera recherché, une commission de suivi avec la CGT sera crée sur site.Pour conclure et pour élargir à la situation que traverse France Télécom, situation que nous vivons dans nos services, on ne peut que constater, qu’une fois de plus, notre direction ne conçoit le dialogue social que contrainte et forcée. Nous avons tenté lors du premier entretien de licenciement du mois de mai 2009 de négocier un licenciement à l’amiable et la réponse qui nous a été faite a été : « nous ne négocions que lorsque l’entreprise est en faute ». C’est malheureusement comme cela que France Télécom conçoit le dialogue social. Nous ne pouvons que le regretter, mais cela explique bien des drames dans nombres de nos services. Comment peut-on, au-delà des mots et des déclarations de bonnes intentions, penser sérieusement éviter des situations de drame, si vos responsables, votre patron, les ressources dites humaines, les services sociaux et médicaux de l’entreprise se liguent contre vous ? Nous affirmons, nous CGT que dans ces situations le drame n’est pas loin, que la responsabilité de l’entreprise ne peut pas être écartée et que NON, nous ne laisserons pas faire, que partout ou cela nous sera possible nous lutterons, nous nous y opposerons. Partout, nous nous devons d’être vigilant, ne laissons plus nos collègues, particulièrement les plus fragiles subir des pressions disproportionnées. C’est ensemble que nous pourrons agir plus efficacement.