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Union Départementale CGT de l'Essonne

Identité nationale: mascarade préfectorale et position CGT

Le pseudo-débat sur l’identité nationale est en train de faire pschitt  sur l’ensemble du territoire national. L’Essonne n’a pas fait exception. Vendredi 11 décembre, à 14 heures, en Préfecture d’Évry, et en l’absence d’ailleurs du Préfet, s’est tenue une réunion au caractère assez lamentable qui montre l’impréparation et le fond politicien de l’opération. La CGT avait été conviée par les organisateurs (?) à s’exprimer. C’est Marie-Françoise Parcollet, membre de la Commission Exécutive de l’UD CGT 91, qui représentait celle-ci. À peine après avoir prononcé quelques phrases de son texte, elle a été grossièrement prise à partie et empêchée de s’exprimer. Marie-Françoise Parcollet a donc quitté cette assemblée dont le caractère de tolérance et de démocratie n’échappe à personne.

Marie-Françoise Parcollet

Marie-Françoise Parcollet

Nous avons cependant choisi de donner le point de vue de l’UD CGT 91 sur cette question mal posée, mal traitée et dont le fond politique est nauséabond.

Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs,

« Nous voici dans une réunion à l’objectif politicien. Nicolas.Sarkozy l’indique clairement, y compris dans la circulaire du 2 novembre envoyée aux Préfets pour l’organisation des pseudo-débats. Elle mentionne “l’affaire de la Burqa” (sic) et la liste des premières propositions d’actions soumises au débat martèle “obligation” et serine “assimilation” en lieu et place d’intégration. C’est une réunion à tendance caporaliste, dans une préfecture qui est, dois-je le rappeler, aux ordres du gouvernement. En dehors du sujet, la forme aurait dû dissuader la CGT d’y participer.

Mais nous n’avons pas l’habitude de fuir le débat, à condition d’en poser clairement les termes. Or, ceux-ci sont d’entrée dévoyés par le ministre Besson et son patron Sarkozy. Leur but est d’opposer immigration et nation. C’est intellectuellement bas et politiquement nauséabond. Nous ne marcherons pas sur ce chemin

Ce pseudo-débat est aussi inutile. L’identité nationale a été définie voici longtemps, à la Révolution de 1789. Elle tient dans les trois mots que portent les édifices publics : liberté, égalité, fraternité, et cela pour tous ceux qui sont sur le sol français.

Si un débat doit avoir lieu, c’est pour savoir si les politiques menées se rapprochent ou s’écartent de cette devise républicaine. Le constat est accablant pour l’équipe actuelle. Entre l’explosion des gardes à vue et de la prison « préventive », le flicage croissant des fichiers informatiques et des contrôles au faciès, le recours tout aussi croissant des pauvres vers les associations humanitaires, les travailleurs pauvres et les retraités misérables en augmentation incessante, on ne voit aucun rapprochement vers les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont notre socle national. Pendant que les bonus, golden parachutes, management par la terreur et déni de la démocratie fleurissent comme des plantes vénéneuses. Quelles conséquences ?

Quelle que soit son origine, sa couleur de peau, sa religion, cette fausse identité nationale basée sur « Prends ce qu’on te donne ou tire-toi ! » ne marche pas pour tous les jeunes sacrifiés sur l’autel du profit, sans emploi à l’issue du parcours de formation, premières victimes des licenciements.

Elle ne marche pas pour les travailleurs pauvres, pour les précaires, pour les retraités dont le montant de la pension permet tout juste de survivre.

Elle ne marche pas pour les privés d’emploi. A ce propos, je rappelle que l’Essonne a le triste privilège d’être le département d’Ile de France dont le chômage a le plus augmenté en un an, avec + 30,7 % pour l’ensemble des demandeurs, + 39,5% pour les hommes de moins de 25 ans…

Le gouvernement amplifie chaque jour les inégalités, détruit méthodiquement tout ce qui a fait l’identité républicaine de notre pays, détruit le principe de répartition du système social, détruit le Service Public, réduit dangereusement les libertés collectives et individuelles.

Le débat qui devrait avoir lieu est bien celui là et je peux vous dire que la CGT est décidée à maintenir et amplifier son action pour combattre cette action néfaste.

Nous revendiquons un autre modèle de société, où nous serions égaux dans le respect de nos différences, un autre modèle économique, un nouveau statut des salariés. Nous ne sommes pas de doux rêveurs, nous affirmons que cette mutation est possible.

Car l’identité nationale française a encore une autre composante : celle de la lutte sociale pour renforcer ces notions fondamentales de liberté, d’égalité et de fraternité. Pour la mener, personne n’est de trop. C’est aussi cela, une certaine idée de la France. »

Pour l’Union Départementale CGT

Marie-Françoise Parcollet