Manif du 15 avril: retraites, sans-papiers et 1er mai
Jeudi 15 avril, beau temps sur Évry, entre 10 et 13 heures, 600 salariés du privé et du public entre mairie, siège du Medef, préfecture avec délégation, pique-nique convivial.

(Photo Laurent Tangre)
Manifestation syndicale, dont l’aspect unitaire (CGT, FSU, UNEF Évry, Collectif 91 de soutien aux sans-papiers, UNSA, Solidaires) montre le prolongement avec la journée réussie du 23 mars.
Unité encore, avec la proposition de l’UD CGT 91 à l’ensemble des syndicats, des orgas politiques, des associations de participer à la mobilisation pour défendre et améliorer la retraite par répartition. L’idée est d’organiser dans chaque commune de l’Essonne un débat contradictoire sur les approches différentes entre Medef, gouvernement, et forces syndicales, associatives et politiques sur l’avenir des régimes de retraite.
Autre idée-force, l’organisation de départs collectifs dans les villes dirigées par la gauche pour la manifestation parisienne du 1er mai.
Les 6 organisations présentes à la manif ont été reçues par le Préfet. L’entretien a porté sur plusieurs sujets qui fâchent le monde du travail dans le département. D’abord le refus de nombreux patrons de jouer honnêtement le jeu des NAO (Négociations Annuelles Obligatoires). Parmi les exemples flagrants, les provocations dans le secteur des transports, avec des augmentations de salaires inférieures à l’inflation (de 0,5 à 1,5 %); il a fallu 22 jours de grève aux transports STA, à Ormoy, pour arriver à un maigre 3 %. Aux Cars d’Orsay, la grève continue pour des raisons voisines. L’exemple vient de haut, avec l’attitude méprisante du gouvernement envers la fonction publique.

Discussion en Préfecture (Photo Laurent Tangre)
Chaque jour en Essonne, près de 30 salariés se retrouvent menacés de licenciement ou de départ forcé par le stress, les objectifs impossibles et le harcèlement moral.
Le cas des sans-papiers est intéressant, puisqu’il montre la prise de conscience d’une partie du patronat sur cette situation intenable. Les entreprises sont coincées entre la prétendue illégalité de ces salariés sans droits et le besoin qu’ont les entreprises de cette main-d’oeuvre. Tout aussi coincées, les préfectures, dont celle de l’Essonne, entre les délires du trio Sarkozy-Besson-Hortefeux sur l’immigration clandestine et la réalité du terrain, le besoin patronal de salariés corvéables à merci pour un petit salaire.
Le gros dossier du moment est évidemment la retraite, ses régimes, son système par répartition, ses pensions en diminution, etc. Le gouvernement vient d’envoyer un missile avec un rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) qui prédit l’apocalypse financière pour 2030 ou 2040 si les pauvres ne se mettent pas une ceinture à taille squelettique. La CGT fait des propositions argumentées sur le maintien à 60 ans et des pensions décentes, grâce à une modification de l’assiette (domaines d’application des cotisations) en l’élargissant aux revenus financiers et en supprimant les avantages indus pour les rois de la fiscalité made by Sarkozy.
Aspect plus rassurant du 15 avril, le pique-nique géant devant la Préfecture, où merguez et chipolatas ont largement payé de leur personne. On a même vu des CRS dépêchés en grand nombre, et probablement mal nourris par leur hiérarchie, venir goûter les sandwiches et discuter (le bout de gras) avec des militants CGT. Sans en faire une théorie sur le climat social, c’est instructif.







