Conseil municipal un peu chamboulé lundi 22 février à Corbeil. On attendait les salariés d’Altis “venus foutre le bordel” comme les y avait invités Jean-Pierre Bechter si rien n’avançait, et ceux d’Helio Corbeil défendant leurs emplois. Rien de cela n’est arrivé et le dossier Altis a été traité en fin de réunion.

Manifestation pacifique en début de séance (Photo Lionel Antoni)
Le maire de Corbeil a joué fin. Avant le Conseil, rencontre “off” avec les syndicats d’Altis. Le matin même, à Paris, négociations avec les partenaires sociaux d’Helio, dont il fait partie comme administrateur de la Socpresse (voir article précédent sur ce site). Dans les deux cas, il est le porte-parole de son patron Serge Dassault.
La discussion avec les Altis amenait une première surprise. Jean-Pierre Bechter citait nommément Yazid Sabeg, membre du gouvernement en tant que Haut-Commissaire aux Solidarités, comme chapeautant “un groupe d’investisseurs dans lequel les pouvoirs publics ouvrent des crédits”. Jusqu’à présent, Serge Dassault ne voulait rien savoir du plan industriel incluant les pouvoirs publics, que propose l’UD CGT 91 depuis plusieurs semaines et dans lequel l’État devrait jouer un rôle important. L’ex-maire et le nouveau ont-ils compris que leur offre de 40 millions pour relancer Altis était trop étriquée et qu’il fallait une vraie relance, pour une fois sans bluff ?
Dans ce sens ou dans l’autre, Jean-Pierre Bechter évoquait un chiffre global d’investissement “de 110-120 millions d’euros au total”. Participation Dassault incluse ? Autre “info”: “Je pars demain (mardi 23 février, NDLR) pour Moscou contacter des financiers et des industriels russes…”. Le bruit court qu’il pourrait être accompagné d’Ahmed-Alexandre Djouhri, déjà cité dans l’affaire Altis comme apporteur potentiel de fonds…russes avec son fils Germain, mais surtout connu pour ses liens avec l’entreprise Veolia et son PDG Henri Proglio et le gouvernement français dont il serait un des conseillers financiers pour le Moyen-Orient. Info ou intox ? “Les Russes veulent investir”, aurait déclaré Jean-Pierre Bechter.
Autre information confirmant que le “plan Sabeg” n’a plus rien de confidentiel, la réunion du Comité d’Entreprise d’Altis le même lundi 22 février. Lors de la réunion, le directeur, M. Besson, a évoqué le nom du chef de file des investisseurs et évoqué une concrétisation “dans quelques semaines”. La réputation de prudence hiérarchique de M. Besson dans ses déclarations renforce la levée du black-out officiel sur le nom de Yazid Sabeg, et donc l’implication gouvernementale dans le dossier.