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Union Départementale CGT de l'Essonne

Sans-papiers: discussions patronat-syndicats

Dans Le Monde en date du 7 avril 2010, Laetitia Van Eeckout titre “qu’une partie du patronat veut traiter la question des travailleurs sans papiers”. Elle donne dans son article l’exemple de Michel Antoine, responsable du Medef dans l’Essonne, disant “être de plus en plus sollicité par des entreprises se sentant “dépourvues” alors qu’elles souhaitent garder leurs salariés”.

À preuve la réunion du 5 mars 2010 entre le collectif de soutien aux sans-papiers, dont la CGT, et le Medef, à son siège d’Évry, rue Montespan, avec le même Michel Antoine et Thomas Chaudron. Les constats sont voisins quant à la réticence de certains employeurs à fournir les Cerfa, ces documents administratifs certifiant la présence du salarié dans l’entreprise. Le Medef s’est engagé à discuter avec ses membres pour les inciter à se mettre en règle à l’égard de la préfecture.

5 mars 2010: les sans-papiers manifestent devant le Medef, à Évry (Photo Laurent Tangre)

5 mars 2010: les sans-papiers manifestent devant le Medef, à Évry (Photo Laurent Tangre)

Au plan national, Pascal Decary, DRH de Veolia Propreté (le secteur “propreté” employant de nombreux sans-papiers, NDLR), assure recevoir, selon Le Monde, “des appels de ses homologues l’encourageant à poursuivre la démarche initiée avec les syndicats. Il explique que beaucoup d’employeurs sont réticents à porter en préfecture le dossier du salarié dont ils découvrent qu’il a un faux titre de séjour, “craignant que cela ne se retourne contre eux”.

Un appel national commun a été lancé le 8 mars dernier. Il réunit les syndicats CGT, CFDT, UNSA, SUD, le mouvement patronal Ethic, la CGPME et le SNAD (Syndicat national des activités du déchet), dont fait d’ailleurs partie Pascal Decary. Les signataires souhaitent l’ouverture d’une discussion tripartite entre syndicats, patronat et gouvernement, pour régulariser les “salariés sans titre de séjour mais occupant des emplois déclarés”. Ils ont été rejoints par des membres de la Fédération des entreprises de propreté et le mouvement Entreprise et Progrès.

Il serait probablement naïf de voir dans cette démarche une tardive prise de conscience humaniste, certains patrons demeurant d’autre part résolument hostiles à une régularisation restreignant leur toute-puissance sur le temps et les conditions de travail, les licenciements et le paiement des heures supplémentaires, entre autres. Mais les occupations de grands restaurants à Paris ou d’agences d’intérim à Évry, comme récemment, donnent une mauvaise image de marque au patronat “social” ou ayant affaire au public. D’autre part, ces entreprises ont un besoin impératif de ces salariés qui acceptent n’importe quel emploi et aux prétentions salariales modestes.

Les préfectures vivent depuis des mois un effet de tenaille entre les mouvements de menton d’Éric Besson et Nicolas Sarkozy sur “l’immigration clandestine”, l’acceptation tacite du patronat et la pression de la CGT qui, avec les sans-papiers concernés, les abreuve de dossiers en attente. L’initiative du patronat est également symptomatique de partenaires sociaux qui préfèrent le business as usual à des empoignades politiques sans fin à propos d’une immigration dont le patronat ne peut se passer.

8 avril: Perray-Vaucluse mobilise pour les crèches

Le syndicat CGT de Perray-Vaucluse appelle à amplifier la mobilisation jeudi 8 avril pour l’accueil de la petite enfance. Une première journée d’action a réuni les professionnels le 11 mars 2010 et le secrétaire d’État à la famille a reçu le 26 mars le collectif “Pas de bébés à la consigne”. Cependant, le gouvernement continue de faire la sourde oreille. Le collectif, lui, confime son engagement à poursuivre son action jusqu’au retrait du décret et l’obtention d’un plan d’urgence poour la petite enfance.

La CGT appelle de nouveau toutes les organisations et associations du collectif, les personnels de la petite enfance et les parents usagers à participer à la journée de grèves et de manifestations le 8 avril. Un rassemblement aura lieu à Paris à 10 heures (Métro Luxembourg - Ministère de la Famille). Rassemblement gare de Ste Geneviève des Bois à 9 heures pour un départ collectif au train de 9 h 17.

Altis-Corbeil va revivre avec un vrai plan industriel

La délégation CGT et Yazid Sabeg le 9 avril (Photo Lionel Antoni)

La délégation CGT et Yazid Sabeg le 2 avril (Photo Lionel Antoni)

Depuis le vendredi 2 avril 2010, la lente agonie de l’usine de semi-conducteurs Altis-Corbeil est stoppée. L’entreprise va redémarrer et se développer. L’accord a été rendu public lors d’une réunion entre Yazid Sabeg, Haut Commissaire du gouvernement à la diversité et à l’égalité des chances, et une délégation de l’Union départementale CGT de l’Essonne, menée par son secrétaire général, Marc Roumejon, composée de Hervé Leblanc, Annick Jeannette-Stiti, Édouard Rodriguez, et conseillée par Guy Moulas, du cabinet Secafi.
Yazid Sabeg, outre ses responsabilités gouvernementales, dirige une grande entreprise, la CS Communication et Services, et a donc une solide expérience industrielle. Il renforcera la direction d’Altis lors d’un Comité d’Entreprise extraordinaire (CEE) dans les prochains jours.

DE NOUVEAUX DÉBOUCHÉS

La question numéro 1 est : « Pour quoi faire ? ». Le 2 avril était l’aboutissement d’une démarche de la CGT, qui n’a jamais renoncé à sauver l’activité du site par un vrai projet industriel soutenu par les pouvoirs publics. Après des mois de réunions et discussions, le dossier est bouclé. Le même jour que le CEE, une table ronde en Préfecture d’Évry et une conférence de presse donneront les détails sur l’activité et le financement.
Les fondamentaux sont en place. Yazid Sabeg, Marc Roumejon, aidés par leurs experts, se sont mis d’accord sur trois points. D’abord, Altis peut vivre autrement que sous perfusion de fonds publics mal utilisés et de miettes lâchées par les actionnaires sur le départ, IBM et Infineon-Siemens. Les études de viabilité le prouvent.
Ensuite, la vie d’une entreprise et la démocratie ne sont pas ennemis. Les salariés se prononceront à bulletins secrets sur leurs conditions de travail, en particulier par équipes. Enfin, la pérennité financière et technologique est fondée.
Les nouveaux débouchés sont entre autres l’automobile, l’aéronautique, la défense civile et militaire, l’informatique. Dans ces secteurs, de grandes entreprises comme le groupe Dassault, qui avait promis d’investir, sont des partenaires intéressants, tout comme l’État, s’il veut garder, comme il le dit, une industrie nationale.
D’autre part, la proximité du Plateau de Saclay, qui développera recherche et haute technologie dans les prochaines années, est un atout potentiel. Altis se dotera d’une force de vente et d’une R&D (Recherche et Développement) qui lui manquaient jusqu’à présent, étouffant dans l’Å“uf toute expansion ou synergie.

AUX CÔTÉS DES SALARIÉS

L’époque des repreneurs-fantômes et des sauvetages-bidon est donc révolue et l’espoir raisonnable reprend ses droits. La direction nationale de la CGT, à commencer par Bernard Thibault, ne cache pas sa satisfaction.
Pour l’Union départementale de l’Essonne, Marc Roumejon a déclaré : « Ce résultat est également dû à de nombreux salariés d’Altis et à leur syndicat CGT, qui n’ont pas voulu céder au désespoir entretenu par les anciens actionnaires et la direction à leurs ordres. Nous sommes évidemment heureux d’avoir démontré que notre acharnement à sauver le site n’était pas une lubie de rêveur social. Mais je vous dis aussi que la CGT continuera de lutter pour les droits des salariés et de discuter avec les responsables politiques locaux pour développer l’emploi dans l’Essonne. Nous appelons les autres syndicats d’Altis et du département à travailler dans le même sens sur les nouvelles bases définies le 2 avril ».


Cars STA: Michel Berson rencontre les grévistes et la CGT

(Photo Lionel Antoni)

(Photo Lionel Antoni)

Les cars STA basés à Ormoy sont paralysés depuis le 16 mars par une grève menée principalement par les chauffeurs de bus. Les revendications portent sur les salaires, la sécurité, les horaires et les conditions de travail. Le mouvement a commencé à faire tache d’huile chez les conducteurs de TransEvry, qui assurent le réseau Tice (80 000 voyageurs/jour) et chez Bièvres Bus Mobilités, dont le dépôt est à Wissous. Les répercussions sur le trafic des cars sont importantes.

Dès le début du mouvement à Ormoy, la CGT a été du côté des grévistes. au sein d’une intersyndicale qui regroupe aussi FO et la CFTC. L’UD CGT estime que “face aux demandes d’une réelle négociation, la direction de l’entreprise continue son travail de provocation et de sabotage pendant l’ensemble des réunions. Son objectif n’est pas l’amélioration du service public. Sa seule préoccupation est de permettre la rentabilisation au maximum du chiffre d’affaires et du profit.

Nous nous réjouissons que le groupe Keodis, dont dépend la société de cars STA, ait répondu aux interpellations de la Fédération CGT des Transports et de l’UD CGT de l’Essonne”. Le Bureau de l’UD CGT 91 a décidé de verser 1000 euros au titre de la solidarité financière avec les grévistes.

Jeudi 1er avril a marqué une étape importante dans le conflit avec la visite sur les lieux du président du Conseil général de l’Essonne, Michel Berson. “Les conditions de travail sont en tout point inadmissibles”, a-t-il déclaré. “Alors que l’ensemble des salariés de STA Keolis est en grève illimitée, les dirigeants de l’entreprise restent totalement sourds, préférant la provocation à la négociation”. Michel Berson a également rappelé que l’amplitude d’une journée de travail peut aller jusqu’à 14 ou 17 heures, qu’aucune augmentation de salaire n’a été accordée en 2009, et que le risque lié à l’activité des chauffeurs edst en augmentation. Les salariés revendiquent une augmentation de salaire de 4 % pour 2010.

Le président du Conseil général s’est engagé à interpeller l’opérateur Geodis France, pour qu’une reprise des discussions intervienne rapidement, ainsi que le président du STIF (Syndicat des Transports d’Ile-de-France) pour débloquer rapidement la situation, qui gêne évidemment les usagers des lignes de cars. À l’issue de la visite aux grévistes, Michel Berson a aussi tenu une réunion avec les salariés et la direction de l’Union départementale CGT (voir photo ci-dessous).

Au fond à gauche, Michel Berson; à droite sur l'image, Marc Roumejon, secrétaire général de l'UD CGT 91 (Photo Lionel Antoni)

Au fond à gauche, Michel Berson; à droite sur l'image, Marc Roumejon, secrétaire général de l'UD CGT 91 (Photo Lionel Antoni)


TV Magazine reste à Helio Corbeil

Les négociations sur les commandes de la Socpresse (groupe Dassault), qui conditionnent en partie l’avenir d’Heloi Corbeil, se poursuivent, même le 1er avril. Ce jour-là, Yvan Lesniak, dirigeant du cabinet-conseil IEN, est venu annoncer le maintien de l’impression du gros cahier du TV Magazine à l’imprimerie.

Cette déclaration est le résultat des actions et des négociations  menées depuis septembre 2009 sur le site et à Paris entre client principal, actionnaire Circle Printers et syndicats, dont la Filpac-Cgt et FO-Cadres.

Rien n’est cependant réglé sur le fond puisque la Socpresse maintient sa demande de diminution des coûts d’impression. Si elle prenait effet, cette baisse de recettes entraînerait des licenciements, dont le nombre est inévaluable aujourd’hui. (entre 6 et 55 personnes selon les sources). L’UD CGT 91 se déclare décidée à maintenir la pression pour garder le site et l’emploi sur Corbeil, en particulier par l’arrivée de nouveaux clients, ce qui nécessite la création d’une force commerciale pour une imprimerie actuellement livrée au bon vouloir du groupe Dassault, et dont le seul contre-pouvoir est l’action syndicale des salariés.

Le SDEN 91 contre les conditions de la rentrée 2010

Mercredi 31 mars s’est tenu en Préfecture, à Évry, le Conseil Départemental de l’Éducation Nationale, avec le Préfet et l’Inspecteur d’Académie. Outre un rassemblement devant la Préfecture, le SDEN 91 a, par la voix de sa secrétaire générale Véronique Josien, fait une déclaration dont voici quelques extraits.

“Les 80.000 suppressions de postes cumulées ces dernières années se constatent très concrètement mais, en parallèle, les élèves sont toujours là, et parfois plus nombreux. J’en veux pour preuve sur notre département l’augmentation des élèves dans le premier degré pour la 4ème année consécutive. Pour autant cela n’a pas donné lieu à des créations de postes conséquentes, par exemple, le seuil d’ouverture en maternelle reste à 31 pour 2010, contrairement aux engagements pris.
(…)Nous pouvons craindre une détérioration d’autant plus brutale dès la rentrée prochaine avec l’affectation sur des postes à temps complet des stagiaires. En effet, le Rectorat aura toujours besoin de remplacer les stagiaires pendant leur (courte) formation ! Autrement dit, de nombreux Non-titulaires, serviront de remplaçants à courte durée alors qu’ils avaient auparavant des postes à l’année ! C’est un gâchis humain et une catastrophe pour les enseignements aux élèves.
(…) Nous réaffirmons que la souffrance au travail de tous les personnels explose car ils subissent en premier la baisse des moyens et les réformes qu’ils n’ont pas validées dans leur grande majorité. Ce n’est pas l’annonce d’une première visite médicale à 50 ans qui répondra à cette souffrance au travail largement exprimée ces derniers mois par les enseignants. Il est urgent de stopper le cycle de ces dégradations, il est donc urgent de redonner les moyens à l’école pour fonctionner correctement et pour valoriser ses personnels.
La CGT exprime donc son désaccord sur les conditions actuelles de la préparation de la rentrée 2010″.

Hôpital Sud-Francilien: opération escargot réussie

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Les personnels massivement mobilisés , en grève ou assignés dans les services, ont montré toute leur détermination !

Lundi 29 mars 2010, un cortège de plus de 400 personnes s’est rassemblé devant l’hôpital d’Évry en direction de l’hôpital de Corbeil.
Le cortège s’est arrêté à hauteur du chantier du futur site unique sur la Francilienne pendant environ une heure. C’est là que les deux établissements doivent fusionner  début 2011.
Plus d’une centaine de voitures ont bloqué la 104, l’autoroute Francilienne, créant un énorme bouchon, par une « opération escargot » réussie.

Un second arrêt du cortège a eu lieu devant Eiffage (l’entreprise qui construit l’hôpital, NDLR) avec prise de parole et un brûlage de palettes.
Un barbecue sur le parvis de Corbeil a clôturé la matinée.

Un tract a été distribué aux usagers ainsi qu’une pétition les informant des revendications des personnels. Celles-ci portent sur les dangers de privatisation de certains services techniques et logistiques (hôtellerie, reprographie, etc) qui pourraient justement être « externalisés » vers des sous-traitants travaillant pour Eiffage.

« La lutte est lancée, nous devons l’amplifier ! », estime l’intersyndicale, dont fait partie la CGT. Les négociations avec la direction débutent mercredi 31 mars. Ce même jour avait lieu une assemblée générale à Corbeil, à 14h30 dans le hall . Une autre AG est programmée à Évry le jeudi 1 avril à 14h30 dans le hall (Organisation d’un barbecue à 12h).

Mairie de Longjumeau : alertez les bébés !

Il faut reconnaître une qualité à NKM, alias Nathalie Kosciusko-Morizet, députée-maire de Longjumeau et récipiendaire d’une superbe claque aux dernières régionales: la persévérance. Elle continue de s’attaquer au service public dans sa ville. Cette fois, ce sont les bébés qui font office de cibles. Le syndicat CGT des Territoriaux l’a mal pris et a lancé un mouvement de grève le 11 mars. Celui-ci sera reconduit le 8 avril. Voici le tract du syndicat CHT expliquant sa position.

Halte à la Casse !

Les agents du service petite enfance de la crèche collective Yvonne Estival et de la crèche familiale se sont mis en grève le 11 mars pour protester contre le décret sur l’accueil collectif.

Quelques précisions :
• Un établissement de 60 places pourra accueillir jusqu’à 72 enfants
• Diminution de 50 à 40 % la proportion des professionnels les plus qualifiés auprès des enfants
• Officialisation des nouveaux « jardins d’éveil » pour des enfants de 2 à 3 ans avec un adulte auprès de 12 enfants voire plus, alors que ce taux est d’un adulte pour 8 enfants du même âge en crèche.

Ces mesures rejoignent d’autres régressions en cours pour la qualité d’accueil des jeunes enfants et les conditions de travail des professionnels :
• Réduction de 60 à 30 heures du temps de formation initiale des assistantes maternelles agréées qui accueillent des enfants à leur domicile
• Suppression des milliers de postes d’enseignants et fermetures de classes de tous petits en école maternelle
• Transposition de la directive « services » ex-Bolkenstein » qui inclut le secteur de l’accueil des jeunes enfants dans le champ concurrentiel et ouvre la porte à la suppression à terme des subventions publiques aux établissements

À Longjumeau, 50 % du personnel de la crèche est en grève, ce qui déplaît à Nathalie Kosciusko-Morizet. En effet, fidèle à la politique de son mentor Nicolas Sarkozy, qui démantèle le Service Public, elle étend le service minimum aux structures de la petite enfance, en faisant remplacer les agents grévistes par des animateurs des centres de loisirs.

Prestataires d’Alcatel-Lucent: la CGT dialogue, la direction s’énerve

Une réunion a eu lieu jeudi 25 mars, à 13 heures, Salle des Élus, bâtiment P, dans les locaux d’Alcatel-Lucent à Villarceaux. Elle était programmée par la CGT du site et ses élus dans les SSII, autrement dit les entreprises  sous-traitantes du groupe travaillant sur le site.

Le tract destiné aux “salariés prestataires de service” est clair. “Vous êtes salarié prestataire sur le site de Villarceaux dans une société du groupe Alcatel-Lucent, mais soumis à une hiérarchie Alcatel-Lucent. Vos employeurs et les hiérarchies Alcatel-Lucent tentent de vous faire croire que vous êtes corvéable à merci. C’est faux. Vous avez les mêmes droits que tous les salariés. Le code du travail et la convention collective Syntec vous garantissent ces droits. Mais ne comptez pas sur la direction sur la direction d’Alcatel-Lucent pour vous en informer ni sur celle de votre employeur !

La CGT a vocation de rassembler et défendre tous les salariés, prestataires inclus. Heures supplémentaires à gogo, frais kilométriques, prise des congés, droit d’embauche par Alcatel-Lucent après 18 mois sur le site, non-renouvellement de contrat, accès aux oeuvres sociales locales, droit de vote aux élections professionnelles de l’entreprise donneuse d’ordres… Ces sujets vous préoccupent ? Nous aussi”. Et d’appeler à la réunion du 25 mars.

L’initiative a fait réagir la direction avec une promptitude remarquable puisque, en date du 24 mars, le directeur des Ressources Humaines du groupe Alcatel-Lucent, Didier Baichere, envoie un courrier à Claude Josserand, élu CGT du site de Villarceaux. Le DRH n’est pas content que la CGT ait envoyé des courriels “auprès de prestataires”. Et l’indigné M. Baichere appelle à la rescousse le droit du travail et la diffusion des tracts syndicaux, “l’esprit de loyauté” (sic) dans le dialogue social et l’inquiétude des sociétés prestataires devant les “dysfonctionnements que cette réunion pourrait apporter à l’accomplissement du travail de leurs collaborateurs”. On les comprend.

Après avoir tordu un peu le bras au code du travail, le DRH irrité affirme que “les personnes que vous entendez réunir ne saurait (re-sic) être considérées comme des adhérents à la section syndicale Alcatel-Lucent France, ces personnes n’étant pas salariées de notre entreprise”. Le fin juriste qu’est M. Baichere vient d’inventer que les réunions d’information syndicale étaient réservées aux seuls syndiqués de la boîte.

Le juriste d’occasion laisse rapidement la place au vigile en concluant: “Nous comptons sur votre vigilance pour éviter que ce type d’expérience se renouvelle à l’avenir. À défaut, nous serions contraints d’envisager les suites judiciaires qui s’imposent”. Chiche !

Isochem: vente officielle par Ministère et SNPE

Un Conseil d’Administration d’Isochem aura lieu le 31 mars 2010 à 11 heures. Après une rencontre le 25 mars entre administrateurs CGT et Ministère de l’Industrie, il paraît que ce dernier persiste et signe. En fait foi l’arrêté du 26 mars dont voici le texte complet: “Par arrêté de la ministre de l’Économie, de l’Industrie, de l’Emploi et du Ministre de la Défense en date du 26 mars 2010, est approuvée la cession par la société SNPE de la totalité de sa participation de 99,33 % au capital de la société Isochem, pour un montant de 7 946 540 euros”.

Parmi les aberrations de ce dossier, la représentante de Christine Lagarde a reconnu, lors de la rencontre du 25 mars, que la seule filiale Framochem valait au moins le double de la somme totale d’achat d’Isochem par le fonds d’investissement allemand Aurelius.