Prestataires d’Alcatel-Lucent: la CGT dialogue, la direction s’énerve
Une réunion a eu lieu jeudi 25 mars, à 13 heures, Salle des Élus, bâtiment P, dans les locaux d’Alcatel-Lucent à Villarceaux. Elle était programmée par la CGT du site et ses élus dans les SSII, autrement dit les entreprises sous-traitantes du groupe travaillant sur le site.
Le tract destiné aux “salariés prestataires de service” est clair. “Vous êtes salarié prestataire sur le site de Villarceaux dans une société du groupe Alcatel-Lucent, mais soumis à une hiérarchie Alcatel-Lucent. Vos employeurs et les hiérarchies Alcatel-Lucent tentent de vous faire croire que vous êtes corvéable à merci. C’est faux. Vous avez les mêmes droits que tous les salariés. Le code du travail et la convention collective Syntec vous garantissent ces droits. Mais ne comptez pas sur la direction sur la direction d’Alcatel-Lucent pour vous en informer ni sur celle de votre employeur !
La CGT a vocation de rassembler et défendre tous les salariés, prestataires inclus. Heures supplémentaires à gogo, frais kilométriques, prise des congés, droit d’embauche par Alcatel-Lucent après 18 mois sur le site, non-renouvellement de contrat, accès aux oeuvres sociales locales, droit de vote aux élections professionnelles de l’entreprise donneuse d’ordres… Ces sujets vous préoccupent ? Nous aussi”. Et d’appeler à la réunion du 25 mars.
L’initiative a fait réagir la direction avec une promptitude remarquable puisque, en date du 24 mars, le directeur des Ressources Humaines du groupe Alcatel-Lucent, Didier Baichere, envoie un courrier à Claude Josserand, élu CGT du site de Villarceaux. Le DRH n’est pas content que la CGT ait envoyé des courriels “auprès de prestataires”. Et l’indigné M. Baichere appelle à la rescousse le droit du travail et la diffusion des tracts syndicaux, “l’esprit de loyauté” (sic) dans le dialogue social et l’inquiétude des sociétés prestataires devant les “dysfonctionnements que cette réunion pourrait apporter à l’accomplissement du travail de leurs collaborateurs”. On les comprend.
Après avoir tordu un peu le bras au code du travail, le DRH irrité affirme que “les personnes que vous entendez réunir ne saurait (re-sic) être considérées comme des adhérents à la section syndicale Alcatel-Lucent France, ces personnes n’étant pas salariées de notre entreprise”. Le fin juriste qu’est M. Baichere vient d’inventer que les réunions d’information syndicale étaient réservées aux seuls syndiqués de la boîte.
Le juriste d’occasion laisse rapidement la place au vigile en concluant: “Nous comptons sur votre vigilance pour éviter que ce type d’expérience se renouvelle à l’avenir. À défaut, nous serions contraints d’envisager les suites judiciaires qui s’imposent”. Chiche !







